Le maquillage permanent a profondément évolué ces dernières années en France. Ce qui relevait autrefois d’un geste purement esthétique s’inscrit désormais dans un cadre chimique et juridique extrêmement strict. Depuis l’entrée en vigueur du Règlement REACH 2020/2081, la capacité à lire et interpréter la composition d’un pigment est devenue une compétence indispensable — tant pour garantir la sécurité des clients que pour protéger le praticien sur le plan juridique.
Chez Ars Beauté, centre de formation certifié Qualiopi situé à Puygouzon près d’Albi, cette dimension réglementaire fait partie intégrante de l’enseignement dispensé par Ilona Say. Comprendre ce que contient un flacon avant de l’implanter dans le derme est la base de toute pratique responsable.
Avant janvier 2022, les normes de sécurité des pigments étaient régies par la résolution européenne ResAP(2008)1 — un texte à caractère purement recommandatoire. Le Règlement REACH 2020/2081 a tout changé en imposant des restrictions contraignantes sur plus de 4 000 substances chimiques dans les encres de tatouage et les pigments de dermopigmentation.
Ces restrictions couvrent notamment les substances cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR), les sensibilisants cutanés, les irritants oculaires et les substances dangereuses pour l’environnement. Concrètement, de nombreuses lignes de pigments américaines et asiatiques, autrefois populaires en France, ne peuvent plus être utilisées légalement sans reformulation complète.
Depuis le 1er janvier 2024, la surveillance directe du marché des produits de tatouage et de maquillage permanent est assurée par la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes). C’est ce service qui réalise les inspections en studio et vérifie la conformité des étiquettes.
L’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire) conserve un rôle d’expertise dans le cadre de la tatouvigilance — le système de déclaration et d’analyse des effets indésirables liés aux pigments.
Pour les professionnels, cette répartition signifie un renforcement du contrôle documentaire. Chaque flacon utilisé en studio doit pouvoir être justifié. Chez Ars Beauté, où le matériel est exclusivement certifié et conforme aux normes européennes, cette traçabilité est un principe fondateur.
Savoir lire une étiquette ne commence pas par le choix de la couleur, mais par la vérification d’éléments obligatoires imposés par le Code de la santé publique français (article R513-10-5) et le Règlement REACH.
Tout produit destiné à l’introduction intradermique doit porter la mention :
« Mélange à utiliser dans les tatouages ou le maquillage permanent »
Cette phrase, obligatoirement rédigée en français pour le marché national, constitue la garantie juridique que le fabricant assume la conformité de sa formule aux limites spécifiques REACH pour l’injection sous-cutanée — et non pour une simple application cosmétique de surface.
L’étiquette doit indiquer le nom et l’adresse d’une entité juridique basée dans l’Union européenne, responsable de la conformité du produit. C’est à cette « Personne Responsable » que les autorités s’adressent en cas de signalement d’effet indésirable. Son absence sur un flacon est un signal d’alerte majeur.
Le numéro de lot (Numéro de lot) permet de relier chaque flacon à une série de production spécifique. En cas de contamination microbiologique ou de non-conformité chimique, ce numéro rend possible le retrait ciblé d’une série entière — comme ce fut le cas en octobre 2023 avec certaines références Perma Blend après des problèmes de stérilité détectés par l’ANSM.
La boutique Ars Shop ne propose que des produits certifiés et conformes, accompagnés de leur documentation complète, garantissant aux praticiens une traçabilité irréprochable.
Le symbole de la barrette ouverte accompagné d’un chiffre et de la lettre « M » (par exemple 12M) indique la durée de conservation après ouverture (Period After Opening). Au-delà de cette période, la stérilité du produit ne peut plus être garantie.
Le Color Index International est un système de classification universel des colorants industriels, utilisé depuis 1925. Pour un dermopigmentiste, savoir interpréter les codes CI à cinq chiffres permet de comprendre la nature chimique de chaque composant, d’anticiper son comportement dans la peau et sa réaction potentielle au laser.
Les oxydes de fer constituent le trio fondamental de la dermopigmentation : le CI 77491 (rouge), le CI 77492 (jaune) et le CI 77499 (noir). Stables et opaques, ils produisent des tonalités terreuses et naturelles. Toutefois, les oxydes jaunes et rouges perdent leur intensité plus rapidement que le noir, ce qui peut entraîner un virage grisâtre du résultat cicatrisé.
Le dioxyde de titane (CI 77891) est le composant blanc le plus répandu en PMU. Utilisé pour éclaircir les teintes, il présente un risque spécifique : en cas de retrait au laser, le titane subit une réaction photochimique de réduction qui peut transformer le pigment en gris ou en blanc — un phénomène d’inversion chromatique bien documenté.
Les pigments organiques sont des molécules carbonées synthétiques caractérisées par des particules plus fines et une luminosité supérieure. Parmi les familles les plus courantes en PMU :
Ces pigments sont essentiels pour le travail des lèvres (aquarelle lips, candy lips, full lips) — des techniques enseignées en détail dans les formations proposées par Ars Beauté.
Malgré son code CI en 77, le Carbon Black est du carbone pur (suie) qui se comporte comme un pigment organique. Ses particules extrêmement fines produisent le noir le plus profond, mais imposent des exigences strictes de pureté, notamment en matière d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP).
L’un des aspects les plus critiques de l’analyse d’une composition est la compréhension des impuretés réglementées — des substances qui ne figurent pas dans la liste des ingrédients mais dont la concentration est strictement limitée par REACH.
Les métaux lourds s’introduisent dans les pigments lors de l’extraction des matières premières ou pendant la synthèse industrielle. Le Règlement REACH fixe des seuils extrêmement bas :
Si la teneur en nickel dépasse le seuil autorisé, l’utilisation du produit est interdite. En dessous du seuil, la mention « Contient du nickel. Peut provoquer des réactions allergiques » doit figurer sur l’étiquette.
Les pigments azoïques — reconnaissables à leur liaison chimique -N=N- — peuvent se décomposer sous l’action des UV ou du laser en libérant des amines aromatiques primaires, dont certaines (comme l’o-toluidine ou le 4-chloroaniline) sont des cancérogènes avérés. REACH interdit 22 amines aromatiques spécifiques au-delà de 0,0005 % en poids.
C’est précisément pour cette raison que de nombreux pigments rouges et orangés organiques ont été retirés du marché français en 2022.
Fréquemment détectés dans les pigments noirs à base de Carbon Black, les HAP sont des sous-produits de combustion incomplète. Le benzo[a]pyrène, le plus surveillé d’entre eux, est limité à 0,0000005 % (5 ppb) — un seuil d’une extrême sévérité.
Le pigment coloré ne constitue qu’une partie du contenu du flacon. Le reste est composé de la phase dispersante, qui détermine la viscosité, la stabilité et l’interaction du produit avec les tissus biologiques.
L’eau stérile (Aqua) est le véhicule de base de la plupart des dispersions modernes. Le glycérol (Glycerin) joue un rôle d’agent hygroscopique qui adoucit le passage de l’aiguille et favorise la répartition homogène du pigment dans le derme. L’éthanol (Ethanol) peut être utilisé pour ses propriétés antiseptiques.
Point de vigilance majeur : l’alcool isopropylique (Isopropanol) est désormais interdit comme solvant principal par REACH, en raison de sa classification comme irritant oculaire de catégorie 2. Sa présence dans la liste des ingrédients constitue un signal de non-conformité.
La tendance actuelle en formulation française privilégie la réduction maximale des conservateurs. Les systèmes d’emballage sous vide (pompes Airless) permettent de maintenir la stérilité sans ajout d’agents antiseptiques agressifs comme le phénoxyéthanol ou les parabènes, réduisant ainsi le potentiel allergisant du produit.
L’un des bouleversements les plus marquants pour la profession a été l’interdiction totale, au 4 janvier 2023, des pigments Blue 15:3 (phtalocyanine bleu, CI 74160) et Green 7 (phtalocyanine vert, CI 74260).
Ces deux pigments étaient les piliers de la création de nuances froides pour les lèvres, des correcteurs de tonalité et des pigments pour aréoles. Leur interdiction ne résulte pas d’une toxicité prouvée, mais de l’absence de dossiers toxicologiques complets démontrant leur innocuité absolue lors d’une introduction intradermique à long terme — conformément au principe de précaution du Règlement REACH.
Les professionnels ont dû réinventer leurs palettes. Des alternatives comme le Blue 60 (indanthrone) ou l’oxyde de chrome sont désormais utilisées, mais leurs propriétés colorimétriques diffèrent et nécessitent une adaptation des techniques de travail. C’est dans ce type de contexte évolutif que la formation continue prend tout son sens : maîtriser les nouvelles formulations exige une mise à jour régulière des connaissances.
Chaque flacon utilisé dans un cabinet de dermopigmentation français doit passer un audit systématique. Négliger cette vérification expose le praticien à des sanctions de la DGCCRF ou à des poursuites civiles en cas de complication.
Le professionnel doit disposer de la Fiche de Données de Sécurité (Fiche de Données de Sécurité, FDS) dans une version datant de 2022 ou ultérieure, incluant les résultats d’analyse portant sur les amines aromatiques primaires, les métaux lourds et les HAP.
Sur shop.arsbeaute.com, chaque produit proposé est accompagné de ses certificats de conformité, accessibles depuis la rubrique Documents et Certificats. Cette transparence est une garantie supplémentaire pour le praticien soucieux de sa conformité.
En France, la pratique du maquillage permanent est encadrée par le Code de la consommation et le Code de la santé publique. Le praticien a une obligation d’information préalable : il doit communiquer au client la composition du pigment utilisé avant le début de la procédure, conformément au point 8 de l’Annexe XVII du Règlement REACH.
En cas de réaction indésirable (œdème persistant, granulome, réaction allergique), le praticien est tenu d’orienter le client vers un dermatologue et de signaler l’incident via le portail national de tatouvigilance. Le numéro de lot permet alors de déterminer si la réaction est individuelle ou liée à un défaut de fabrication affectant une série entière.
L’utilisation de pigments non conformes à REACH — par exemple commandés directement depuis les États-Unis ou la Chine via des plateformes en ligne — constitue une infraction grave en France. En cas de complication, l’assurance de responsabilité professionnelle peut refuser toute indemnisation, et le praticien s’expose à des poursuites administratives, voire pénales.
C’est pourquoi Ars Beauté insiste sur l’importance de s’approvisionner exclusivement auprès de distributeurs européens certifiés. La boutique en ligne Ars Shop a été créée précisément dans cet esprit : fournir aux professionnels un accès direct à du matériel vérifié, conforme et traçable.
Le cadre réglementaire européen continue de se durcir. Plusieurs échéances majeures concernent directement les praticiens de la dermopigmentation en France.
Restrictions sur les PFAS (octobre 2026) : les composés perfluorés, parfois utilisés pour améliorer la dispersibilité des particules pigmentaires, seront soumis à de nouvelles limitations dans les cosmétiques et les encres.
Mise à jour Omnibus VIII (mai 2026) : de nouvelles substances classées CMR dans le règlement cosmétique général seront automatiquement interdites dans les pigments PMU.
Réduction des conservateurs : les seuils autorisés pour certains agents comme le benzisothiazolinone (BIT) devraient encore baisser, rendant potentiellement obligatoire l’adoption de conditionnements à usage unique ou de systèmes Airless pour l’ensemble de la production.
Savoir lire la composition d’un pigment de maquillage permanent, ce n’est pas simplement déchiffrer une suite de codes sur une étiquette. C’est comprendre la chimie, anticiper le comportement du pigment dans la peau, maîtriser le cadre légal et assumer pleinement sa responsabilité envers chaque client.
Dans l’une des juridictions les plus exigeantes au monde, cette expertise est devenue un véritable avantage concurrentiel. Les professionnels qui investissent dans la formation continue — comme celles proposées par Ars Beauté à Puygouzon — et qui s’approvisionnent auprès de sources fiables comme Ars Shop se positionnent non seulement comme des artistes du regard et du sourire, mais aussi comme des garants de la sécurité sanitaire de leurs clients.
La beauté durable commence par la connaissance. Et cette connaissance commence sur l’étiquette.
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